Face à l’intensification des vagues de chaleur, l’adaptation des villes constitue un défi majeur pour les territoires méditerranéens. Le 16 octobre 2025 à Avignon, la COOP du Vaucluse, deuxième rendez-vous territorial de la Planification écologique, a réuni élus techniciens et acteurs locaux autour de cet enjeu prioritaire. Un événement coorganisé par la Préfecture de Vaucluse et la Région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur, et animé par l’Agence d’Urbanisme Rhône Avignon Vaucluse.
En ouverture de la journée, l’AVITEM a partagé des retours d’expérience de villes méditerranéennes déjà confrontées aux fortes chaleurs, mettant en lumière des stratégies concrètes d’adaptation urbaine aptes à inspirer la transformation dans le Vaucluse à l’horizon 2050 : aménagement des espaces publics, solutions fondées sur la nature, prise en compte des populations vulnérables et transformation des modèles productifs.
Un rendez-vous qui illustre la volonté collective d’ancrer la transition écologique dans les réalités locales, en mobilisant les outils du SRADDET et les leviers de la COP régionale.
Un contexte méditerranéen particulièrement exposé
La Méditerranée est aujourd’hui identifiée comme l’un des hotspots mondiaux du changement climatique. Hausse des températures, multiplication des vagues de chaleur, intensification des pluies extrêmes et pression croissante sur les ressources naturelles questionnent profondément nos modèles d’aménagement.
Pourtant, cette région porte aussi une longue histoire d’adaptation climatique. Des formes urbaines vernaculaires, comme le ksar de Tafilet au Maroc, témoignent de stratégies efficaces fondées sur l’architecture, la gestion de l’eau, l’ombre et la compacité urbaine.
De la « mal-adaptation » au changement de paradigme
À l’inverse, les dynamiques urbaines récentes ont souvent accru la vulnérabilité des territoires : artificialisation des sols, métropolisation et littoralisation, modèles urbains peu adaptés aux climats locaux, oubli de l’hydrographie et de la mémoire des risques.
À l’heure du changement climatique, ces choix posent des enjeux majeurs de santé, de confort et de résilience, imposant de replacer le socle géographique au cœur des projets. Cela passe par la revalorisation du non-bâti, reconnu pour ses services écosystémiques – infiltration des eaux pluviales, rafraîchissement urbain, continuités écologiques – et par une approche multi-échelles de l’adaptation.
Du projet d’aménagement à la stratégie métropolitaine
Le parc urbain de Casa Anfa (Casablanca) illustre le rôle clé de l’aménagement dans la lutte contre les îlots de chaleur : végétalisation, sols perméables et ombrage contribuent à créer des espaces publics plus habitables et résilients.
À une autre échelle, l’aire métropolitaine de Lisbonne, particulièrement exposée aux vagues de chaleur et aux inondations, a engagé une stratégie d’adaptation intégrée, articulée autour de deux priorités : la gestion des eaux pluviales et la lutte contre la chaleur par une stratégie de renaturation multi-niveau.
Au-delà des réponses techniques, ces démarches portent un véritable projet politique et sociétal, visant à protéger les populations, mobiliser les acteurs et développer une culture partagée de l’adaptation climatique.
Le rôle clé de la coopération internationale : le projet Cool Noons
C’est dans cette logique d’échanges et d’apprentissages croisés que s’inscrit le projet européen Cool Noons, porté par l’AVITEM et un partenariat réunissant neuf acteurs : cinq villes pilotes (Lisbonne, Marseille, Imola, Dubrovnik et Budva) et deux universités (American College of Greece et University of Coimbra).
Le projet interroge une question centrale : comment adapter nos villes aux températures extrêmes en repensant notre façon de visiter et d’expériencer nos espaces publics aux heures les plus chaudes ?
Fondé sur une démarche departicipation citoyenne (marches exploratoires, ateliers de co-design) et une méthodologie scientifiqued’évaluation des impacts en termes de confort, d’usages et de satisfaction (enquêtes qualitatives et quantitatives), Cool Noons développe :
- Des itinéraires fraîcheur (Cool Paths), cheminements urbains ombragés et aménagés pour proposer des parcours alliant confort thermique et attractivité touristique.
- Un catalogue de solutions de rafraîchissement : mobilier urbain, accès à l’eau potable, accroissement de la biodiversité, valorisation des lieux de fraîcheur, etc.
Une stratégie conjointe et un plan d’action partagé, pour renforcer l’adaptation du tourisme urbain au changement climatique, améliorer la qualité de vie des habitants et des visiteurs, et sensibiliser collectivement à la montée des températures et aux moyens de s’en protéger.
S’inspirer pour mieux se préparer
Face au changement climatique, la coopération internationale constitue un levier essentiel.
S’inspirer des territoires déjà exposés aux fortes chaleurs, croiser les expériences et diffuser les bonnes pratiques permettent de construire des villes méditerranéennes plus résilientes, plus vivables et plus solidaires.

