WaterAdapt : rencontre en immersion en Provence-Alpes-Côte d’Azur pour repenser la résilience climatique

L’Europe est confrontée à des défis hydriques sans précédent : inondations, sécheresses, salinisation des eaux souterraines et montée du niveau de la mer. Ces phénomènes, exacerbés par le changement climatique, menacent les territoires côtiers et continentaux, ainsi que les populations et les écosystèmes qui en dépendent. Le projet WaterAdapt (Interreg Europe), réunit sept autorités régionales et locales (Danemark, France, Italie, Pays-Bas, Slovaquie, Albanie) pour améliorer les politiques d’adaptation aux risques liés à l’eau et renforcer la résilience des territoires.

Du 31 mars au 2 avril 2026, les partenaires de WaterAdapt se sont réunis en région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour échanger sur les bonnes pratiques, les innovations et les stratégies mises en œuvre pour faire face à ces enjeux. Cet événement interrégional, entre le bassin de la Durance et la Camargue, a permis de mettre en lumière des solutions inspirantes pour une gestion intégrée et durable de l’eau.

Sur le terrain, les partenaires WaterAdapt ont pu observer les aménagements réalisés par le SMAVD.

Les digues reculées de Mallemort, qui permettent à l’eau de déborder sans détruire, tout en protégeant les zones habitées.

Le canal EDF, où 150 m³/s (plus que le débit moyen de la Durance) sont détournés pour la production hydroélectrique. « Ces infrastructures, qui nous protègent des crues, aggravent aussi les sécheresses. Il faut trouver un équilibre », note Philippe Picon.

L’Europe est confrontée à des défis hydriques sans précédent : inondations, sécheresses, salinisation des eaux souterraines et montée du niveau de la mer. Ces phénomènes, exacerbés par le changement climatique, menacent les territoires côtiers et continentaux, ainsi que les populations et les écosystèmes qui en dépendent. Le projet WaterAdapt (Interreg Europe), réunit sept autorités régionales et locales (Danemark, France, Italie, Pays-Bas, Slovaquie, Albanie) pour améliorer les politiques d’adaptation aux risques liés à l’eau et renforcer la résilience des territoires.

Du 31 mars au 2 avril 2026, les partenaires de WaterAdapt se sont réunis en région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour échanger sur les bonnes pratiques, les innovations et les stratégies mises en œuvre pour faire face à ces enjeux. Cet événement interrégional, entre le bassin de la Durance et la Camargue, a permis de mettre en lumière des solutions inspirantes pour une gestion intégrée et durable de l’eau.

Jour 1 : Le Syndicat mixte de la Vallée de la Durance, un moteur de l’adaptation hydrique et du débat démocratique face au changement climatique

Les partenaires européens se sont rendus dans le bassin de la rivière Durance pour étudier les stratégies d’adaptation aux risques hydriques mises en œuvre par le Syndicat mixte de la Vallée de la Durance (SMAVD). Ce territoire, qui alimente en eau plus de 5 millions d’habitants et produit 10% de l’hydroélectricité française, illustre les défis posés par le changement climatique : crues dévastatrices (jusqu’à 5 000 m³/s), sécheresses récurrentes (comme en 2022) et érosion des sols.

Le SMAVD, autorité publique en charge de la gestion intégrée de l’eau, a présenté ses trois axes stratégiques pour renforcer la résilience du bassin :

Des outils de connaissance et d’anticipation

Pour mieux prévenir les risques, le SMAVD a développé des instruments de pointe :

  • L’Atlas dynamique des zones inondables, système d’alerte précoce qui permet aux collectivités locales et aux services de secours d’identifier en temps réel les zones à risque en cas de crue.
  • VigiDurance Verdon, une plateforme de partage de données scientifiques sur la ressources en eau, utilisée pour coordonner les actions contre les sécheresses.
  • Le projet C3PO, un modèle climatique qui simule les impacts du changement climatique sur les usages de l’eau (agriculture, hydroélectricité, tourisme) et teste des scénarios d’adaptation. « Ce modèle nous a permis de constater que, sans adaptation, les sécheresses exceptionnelles comme celle de 2022 deviendront la norme d’ici 2050 », explique Philippe Picon, directeur des ressources en eau au SMAVD (en savoir plus sur le projet C3PO).

Une gouvernance partagée et inclusive

Le SMAVD a mis en place des instances de concertation pour une gestion équilibrée de la ressource :

  • La Commission locale de l’eau, qui rassemble plus de 100 acteurs (collectivités, État, industriels, agriculteurs, associations) pour débattre des priorités d’usage et du partage de la ressource.
  • Le Parlement de l’eau de la Durance, une instance citoyenne qui favorise la transparence et la co-construction des politiques de gestion.
  • Les Contrats de rivière, des plans d’action pluriannuels pour protéger les écosystèmes et sécuriser les usages humains.

« La gestion de l’eau ne peut plus être l’affaire d’une poignée d’experts. Elle doit être collective et démocratique », souligne Bertrand Jacopin, directeur des études et travaux au SMAVD.

Des solutions fondées sur la nature

Le SMAVD privilégie une gestion des risques à travers des approches écologiques :

  • Réduction des digues : Passage de 1 000 km à 80 km de digues, permettant à la rivière de retrouver une morphologie naturelle et de mieux absorber les crues.
  • Valorisation des rejets d’eau : 1 milliard de m³ par an, actuellement déversé dans l’étang de Berre, pouvant être réutilisés pour l’irrigation ou la recharge des nappes phréatiques.
  • Restauration des sédiments : 320 000 m³ de graviers réintroduits dans le lit de la Durance pour redonner à la rivière sa dynamique naturelle.

Sur le terrain, les partenaires WaterAdapt ont pu observer les aménagements réalisés par le SMAVD.

Les digues reculées de Mallemort, qui permettent à l’eau de déborder sans détruire, tout en protégeant les zones habitées.

Le canal EDF, où 150 m³/s (plus que le débit moyen de la Durance) sont détournés pour la production hydroélectrique. « Ces infrastructures, qui nous protègent des crues, aggravent aussi les sécheresses. Il faut trouver un équilibre », note Philippe Picon.

Sur le terrain, les partenaires WaterAdapt ont pu observer les aménagements réalisés par le SMAVD.

Les digues reculées de Mallemort, qui permettent à l’eau de déborder sans détruire, tout en protégeant les zones habitées.

Le canal EDF, où 150 m³/s (plus que le débit moyen de la Durance) sont détournés pour la production hydroélectrique. « Ces infrastructures, qui nous protègent des crues, aggravent aussi les sécheresses. Il faut trouver un équilibre », note Philippe Picon.

Jour 2 : La Camargue, un écosystème fragile et un territoire pionnier de l’adaptation au changement climatique

Les partenaires européens ont poursuivi leurs échanges en Camargue sur le territoire des Saintes-Maries-de-la-Mer, une zone côtière où se mêlent zones humides, rizières et écosystèmes fragiles. Les visites organisées par le Parc naturel régional de Camargue, et le SYMADREM (Syndicat mixte pour l’aménagement des digues du Rhône et de la Camargue), le Conservatoire du littoral, la Tour du Valat et la Réserve naturelle nationale de Camargueont permis de découvrir des solutions innovantes, alliant infrastructures adaptées, solutions fondées sur la nature et gouvernance collaborative.

La Camargue, située à seulement quelques mètres au-dessus du niveau de la mer, est particulièrement exposée aux effets du changement climatique :

  • Montée des eaux : Avec une élévation moyenne de 3,25 mm par an (scénario médian du GIEC), les risques de submersion et d’érosion côtière s’intensifient.
  • Salinisation des sols : L’intrusion marine menace les cultures, notamment les rizières, et les écosystèmes fragiles des étangs.
  • Inondations : Les crues du Rhône, combinées à la montée des eaux, accentuent les risques pour les zones habitées et les activités économiques.

« La Camargue est un laboratoire à ciel ouvert pour tester des solutions d’adaptation. Ici, chaque décision a un impact direct sur l’équilibre entre nature, agriculture et tourisme », explique Thibaut Mallet, directeur du SYMADREM.

Les partenaires ont découvert plusieurs initiatives phares, portées par en coordination entre le SYMADREM, le Parc naturel régional de Camargue, le Conservatoire du Littoral et la Tour du Valat :

Une gestion repensée des digues et des risques côtiers

  • Des digues « résistantes à la submersion » : Plutôt que de construire des ouvrages insubmersibles, les nouvelles digues sont conçues pour résister aux débordements tout en permettant à l’eau de s’écouler de manière contrôlée.
  • Un recul stratégique : Les digues sont désormais positionnées plus en arrière, laissant plus d’espace aux zones humides et réduisant les risques de rupture.
  • Six scénarios d’adaptation à l’horizon 2100 : Ces scénarios, élaborés avec des experts, permettent d’anticiper les impacts de la montée des eaux et de prioriser les investissements.

« Nous avons compris qu’il était impossible de tout protéger. Il faut choisir : soit on dépense des milliards pour des digues toujours plus hautes, soit on accepte de reculer et on travaille avec la nature », résume Thibaut Mallet.

Des solutions fondées sur la nature pour limiter l’érosion

Plusieurs projets illustrent cette approche :

  • La restauration des dunes et des marais : En collaboration avec le Conservatoire du Littoral, des zones tampons sont créées pour absorber l’énergie des vagues et limiter l’érosion.
  • Le projet Adapto+ (Life Adapto) : Ce projet européen teste des solutions naturelles pour adapter les écosystèmes côtiers, comme la revégétalisation des digues avec des plantes halophiles (résistantes au sel).
  • La reconnexion des étangs avec la mer : Au Pertuis de la Fourcade, un bypass permet aux poissons de migrer et améliore la circulation de l’eau, tout en limitant l’intrusion saline.

« Les solutions fondées sur la nature ne sont pas seulement écologiques, elles sont aussi plus économiques sur le long terme », souligne Jean Jalbert, directeur de la Tour du Valat.

La lutte contre la salinisation des sols et des étangs

La salinisation, accentuée par la montée des eaux et les prélèvements d’eau douce, menace les cultures et les écosystèmes. Plusieurs actions sont mises en oeuvre :

  • L’Observatoire de l’eau du Parc naturel régional, un suivi en temps réel la salinité des sols et des étangs, pour ajuster les prélèvements et apports en eau douce.
  • La réintroduction d’eau douce dans les étangs, grâce à des canaux de dérivation de l’eau du Rhône.
  • La phytoremédiation, des plantes aquatiques sont utilisées pour filtrer les polluants et améliorer la qualité de l’eau.

« En Camargue, l’eau douce est une ressource précieuse. Nous devons la gérer avec soin pour préserver à la fois l’agriculture et la biodiversité », explique Laetitia Poulet, responsable du département Espaces naturels au Parc naturel régional de Camargue.

Les participants ont découvert quatre sites emblématiques, illustrant des approches innovantes pour concilier protection des territoires, préservation des écosystèmes et résilience climatique.

La Digue du Port Gardian (Saintes-Maries-de-la-Mer), une digue résistante à la submersion, associée à des zones tampons végétalisées, combinant infrastructures et solutions fondées sur la nature.

Le Pertuis de la Fourcade, un bypass écologique permettant la migration des poissons et améliorant la circulation de l’eau entre les étangs et la mer.

Le Marais des Terres Hautes, un projet de restauration hydraulique pour limiter la salinisation et à préserver les habitats naturels.

Le Canal de Fumemorte, projet de phytoremédiation pour dépolluer les eaux avant leur rejet dans les étangs.

Jour 3 : Atelier de synthèse à Marseille, vers des solutions transférables en Europe

Pour clore ces trois jours d’échanges, les partenaires WaterAdapt se sont retrouvés à Marseille afin de tirer collectivement les enseignements des visites en Durance et en Camargue et d’identifier les bonnes pratiques à partager et adapter à d’autres territoires européens.

Lors d’un atelier, chaque partenaire a également présenté les bonnes pratiques de son territoire, avant une sélection collaborative des approches les plus pertinentes pour une application ailleurs.

Prochaine étape, avec l’organisation de webinaires en mai-juin 2026 pour évaluer la faisabilité et les conditions de transfert de ces pratiques, en vue de leur intégration dans les plans d’action régionaux.

La Région Sud et ses partenaires régionaux valoriseront leurs bonnes pratiques en termes d’intégration des risques hydriques à la planification territoriale et à l’aménagement. L’objectif final de WATERADAPT pour la Région Sud est de renforcer l’intégration de ces risques au sein du SRADDET et de ses autres instruments de planification.v